Dans la rue la plus restauratrice de Cannes, "Mantel" est un des ilôts de résistance où se réfugient les gastronomes qui ne s'en laissent pas conter.
La maison est discrète, grille de fer forgé, mini-patio, salles aux tons pastel.
Intime malgré le passage à une quarantaine de couverts.
Noël Mantel, ancien de Ducasse, qui fit les beaux jours des Muscadins à Mougins, est un "taiseux" qui n'affiche pas de menus attrape-tout.
On vient pour le geste, l'épure, le produit et une légèreté méditerranéenne qui ne se dément pas. Jambon " Jabugo ", tranché au chariot, servi avec pain grillé et tomate fraîche, cèpes rôtis et gratinés au parmesan, beignets de fleur de courgette, loup cuit croustillant sur la peau, jarret de veau braisé et glacé au four.
Les risottos (à l'italienne, aux cèpes et jus de veau, au vin rouge avec jambon et persil frit...), sont les meilleurs de la région et l'heure du sucré, confiée à Christian Gonthier, lui aussi ancien de Ducasse, est de premier ordre (tiramisu " comme à Vérone ", fondant au chocolat amer, glace choco'mint, confiseries).
Demetrio Argibay pilote une cave aux grands crus (des Romanée Conti sur la colline !) qui s'apprivoise autour de 20 e avec un vin de pays de l'Ardèche, une sûre sélection provençale (Trevallon, Saint-Baillon, Gavoty...) et une vins d'Espagne (rioja Marques de Riscal, l'Albarino blanc Pazo de Senorans).
Hors palaces, Mantel reste la meilleure table de la ville.